L’Ontario : réveils méthodistes, missions et expansion des Églises L’Ontario occupe une place centrale dans l’histoire du christianisme canadien. Les missions anglicanes, méthodistes, baptistes et presbytériennes s’y développent au cours des XVIIIe et XIXe siècles, puis les grandes villes deviennent des centres de formation théologique, d’évangélisation et de missions.
Avant la création de la province actuelle, la région faisait partie de territoires autochtones habités notamment par des nations haudenosaunee, anishinaabe et wendat. Les missions chrétiennes se développent dans un contexte de rivalités impériales et de colonisation. Après la Révolution américaine, à partir de 1783, des loyalistes s’établissent dans le Haut-Canada. Ils contribuent à l’implantation de communautés anglicanes, méthodistes et presbytériennes. John Stuart, prêtre anglican établi à Cataraqui, l’actuelle Kingston, en 1785, compte parmi les figures importantes de l’Église anglicane dans cette région. Les méthodistes, de leur côté, envoient des prédicateurs itinérants dans les nouveaux établissements.
Un événement particulièrement important est la réunion de réveil de Hay Bay, du 27 au 30 septembre 1791, considérée comme le premier grand camp meeting méthodiste du Haut-Canada. Les prédicateurs Henry Ryan, William Case, Daniel Pickett, Thomas Madden, Sylvanus Keeler et Nathan Bangs appartiennent aux réseaux méthodistes de cette période. Ces réunions en plein air permettent de rassembler des habitants dispersés et de diffuser la prédication évangélique. Les réveils méthodistes du début du XIXe siècle sont associés à plusieurs phénomènes : multiplication des réunions de prédication ; conversions et renouvellement de l’engagement religieux ; développement de circuits missionnaires reliant plusieurs villages ; croissance des assemblées méthodistes ; formation progressive d’une identité méthodiste canadienne. Les réunions de réveil ne sont pas isolées du contexte social : elles répondent aussi aux besoins des communautés rurales qui disposent de peu de lieux de culte et de peu de ministres permanents.
Les Églises protestantes construisent progressivement des chapelles, des collèges et des institutions caritatives. Les méthodistes deviennent particulièrement influents dans les communautés anglophones, tandis que les baptistes et les presbytériens développent leurs propres réseaux. L’Université Victoria, issue de la tradition méthodiste, et d’autres établissements confessionnels contribuent à la formation de pasteurs, d’enseignants et de responsables missionnaires. L’histoire de cette expansion doit toutefois inclure les missions auprès des peuples autochtones et les conséquences des politiques d’assimilation. Des missionnaires autochtones ont eux-mêmes joué un rôle dans ces échanges religieux, et les communautés autochtones n’ont pas été de simples réceptrices passives du christianisme.
Au XIXe siècle, les réunions méthodistes et baptistes contribuent à la croissance évangélique. Au XXe siècle, Toronto et d’autres centres urbains accueillent des campagnes d’évangélisation, des assemblées pentecôtistes et des organismes missionnaires.