Avant 1894 — Les traditions spirituelles inuit Avant l’implantation durable des missions chrétiennes, les Inuit possédaient des traditions spirituelles, des pratiques rituelles et des systèmes de transmission des connaissances qui leur étaient propres. Les angakkuit — souvent traduits par « chamans » dans les ouvrages anciens — occupaient des fonctions spirituelles importantes. Pour comprendre les conversions ultérieures, il faut étudier ces traditions dans leur contexte, plutôt que de considérer les Inuit comme de simples destinataires de la prédication missionnaire.
1894 marque une étape majeure avec l’établissement par Edmund James Peck d’une mission anglicane dans la région de Cumberland Sound, sur l’île de Baffin. Peck apprend l’Inuktitut, diffuse des textes chrétiens en écriture syllabique et documente les traditions orales inuit. Ses journaux constituent une source importante sur les premières années de la mission, mais doivent être lus en tenant compte de son point de vue de missionnaire. Source universitaire : Frédéric Laugrand, Jarich Oosten et François Trudel, Apostle to the Inuit: The Journals and Ethnographic Notes of Edmund James Peck — The Baffin Years, 1894–1905.
Début du XXe siècle — Développement des missions catholiques Les missionnaires catholiques s’implantent progressivement dans différentes régions de l’Arctique oriental. Les contacts entre prêtres, familles inuit et communautés de chasseurs se déroulent parfois loin des postes permanents. Dans certaines régions, les communautés chrétiennes se forment au moyen de baptêmes, de prières collectives et de cérémonies dirigées par des Inuit, même en l’absence d’un prêtre. Cela montre que l’histoire de la conversion ne se réduit pas à la présence physique d’un missionnaire.
Milieu du XXe siècle — Églises et communautés permanentes Avec le développement des établissements permanents, les Églises deviennent plus visibles dans la vie communautaire. À Iqaluit, la première église anglicane est construite en 1957. La paroisse catholique Notre-Dame-de-l’Assomption se forme vers 1960. Ces jalons reflètent l’évolution démographique de Frobisher Bay, aujourd’hui Iqaluit, et la présence croissante de communautés chrétiennes.
1970–aujourd’hui — Une Église nordique et inuit La cathédrale anglicane Saint-Jude est conçue autour d’une architecture évoquant l’igloo et devient un symbole de l’Église dans l’Arctique. Le premier bâtiment est inauguré en 1972, puis détruit par un incendie en 2005. La nouvelle cathédrale ouvre en 2012. La cathédrale appartient au diocèse de l’Arctique, dont le territoire couvre le Nunavut, les Territoires du Nord-Ouest et le Nunavik, dans le nord du Québec. Les services de Saint-Jude se tiennent en anglais et en Inuktitut.